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CONTES MAURITANIENS

Lors de notre dernière nuit à Nouadhibou, la tete encore pleine de charbon et les idees embuees par le depart proche, Baba notre ami nous a raconté de belles histoires.

Assis tous dans les confortables canapés de l'auberge Abbas, nous nous sommes laissées entrainer par la poesie de ces quelques histoires jusque tard dans la nuit.

LE VENDEUR DE MECHOUI

Comme chaque jour, sur son trottoir vient le vendeur de méchoui.

Il allume son feu et appel les passants. Il est réputé pour être le meilleur du quartier, et on sent son bon méchoui à travers toute la ville.

Mais chaque jour le vendeur est embeter par le meme homme. Il vient , s'asseoit et sent l'odeur de son méchoui... Il ne peut plus le voir, il est là, le nez en l'air, à renifler son méchoui et il n'achete jamais.

Un matin, excédé il décide de l'emmener devant le juge.

Le juge demande à chacun des hommes de raconter son histoire.

Le vendeur de méchoui dit que l'homme fait fuir sa clientèle et qu'il ne peut pas rester là, à sentir son méchoui, sans rien payer.

Le second, lui, explique qu'il a bien le droit de sentir ce méchoui dans la rue.

Le juge réfléchit. Et le sourire au coin des levres attrape une piece. Il demande le silence dans la salle et dis au vendeur de bien écouter.

Il lance la piece au sol et le bruit retentit dans toute la piece.

Tout le monde se regarde surpris, ne comprennant pas.

Le juge finit par dire au vendeur:

"Si tu veux que l'on te paie l'odeur de ton méchoui, alors je te paie avec le bruit de la piece."

LE CHACAL ET LE HERISSON

Un jour, dans le désert, marchent cote à cote un chacal et un herisson.

Ils marchent des heures durant sans rien trouver sur leur route. Puis soudain, ils voient, assis au pied d'un arbre un superbe chameau, et un tapis étendu à ses pieds.

Le chacal court vite jusqu'au chameau et crie a tue tete "Il est a moi, il est a moi!!".

Le hérisson, moins rapide, affirme le contraire. Pourquoi ce chameau serai au chacal plus qu'a lui?

Le chacal, pour calmer les ardeurs du hérisson lui propose de prendre le tapis et de laisser le chameau.

Vous vous doutez bien que le hérisson n'est toujours pas d'accord.

Le hérisson propose alors au chacal une solution:

"Si je garde le tapis et que tu me laisse entrer seul en ville à dos de chameau et toi a coté je te le laisse."

"Hors de question!!", hurle le chacal.

 

C'est ainsi que les deux compères rentrent en ville, tous deux sur le chameau, le chacal devant, le hérisson derrière. N'ayant toujours pas réussit à se mettre d'accord, ils décidèrent d'aller voir le juge pour les départagés.

Le juge écouta bien leur aventure et leur dit ceci:

"Je vais vous lancer un défi.

Je vais donner a chacun de vous un troupeau de mouton et celui qui sera le meilleur berger gagnera le chameau.

Quand vous reviendrez avec votre troupeau la semaine prochaine je leur proposerai de la nourriture. Si le troupeau refuse de manger c'est qu'il aura été bien nourri, donc son propriétaire gagnera."

Le chacal et le herisson partirent chacun de leur coté avec leur troupeau.

Le chacal, parcourut toute la semaine les plus belles oasis pour bien nourrir ses moutons.

Pendant ce temps là, le hérisson ne les faisait que courrir.

La semaine terminée chacun revint avec son troupeau. Le juge, qui les attendait, avait installé à l'extérieur un tapis des plus belles et des plus vertes feuilles de toute la ville.

On approcha d'abord le troupeau du chacal. Celui ci engloutit toutes les feuilles avant meme qu'on ai le temps de les voir. Le chacal les avait habitué a tellement bien manger qu'ils se sont jettés sur la nourriture.

Puis ce fut le tour du hérisson et  son troupeau. Les animaux avancèrent péniblement jusqu'aux feuilles mais n'y touchèrent meme pas. Le hérisson les avaient tellement fatigués qu'ils n'avaient meme pas la force de manger.

Le juge alors decreta qu'il fallait donner le chameau au hérison car il avait été bien meilleur berger.

Le chacal hurla, cria, qu'il n'étai pas d'accord, qu'il lui fallait le chameau.

Le juge, embarassé par les cris et voulant faire justice proposa un deuxieme et dernier defi aux deux animaux.

Il dit alors:

"Ecoutez bien, demain, au lever du jour, à l'heure ou retentit le premier appel a la priere du muezzin je veux vous entendre. Celui que j'entendrai le premier gagnera pour de bon le chameau."

Le chacal veilla toute la nuit, piquant du nez parfois mais au lever du jour il entonna les premiers mots de ma prière.

Le hérisson lui avait dormit paisiblement toute la nuit. Au petit matin il entendit le chacal chanter, et juste avant qu'il ne termne, il lança un salam aleikoum.

Juste apres ils se rendirent tous deux chez le juge. Celui ci nomma le herisson gagnant.

 

Pourquoi? Par ce que le herisson, en terminant par un salam aleikoum a termine l'appel a la priere avant le chacal. Il remporta donc le chameau.

 



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Publié à 07:50 , le 17.06.2008 dans CONTE, Safi
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